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Economie
Chômage
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L’Offre Raisonnable d’Emploi
On parle beaucoup de fraude des chômeurs, de leur mauvaise volonté à reprendre un travail... Cette loi renforce les contraintes et les obligations du chômeur. Mais quelle est l’ampleur du problème ?
| Verbatim
« Il y a 500 000 offres d’emploi pas satisfaites avec 1,9 million de chômeurs, l’immense majorité des chômeurs essayent de trouver un emploi, mais certains ne veulent pas se mettre au travail, c’est une minorité qui choque »
Nicolas Sarkozy
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Résumé de la mesure
Depuis la réforme de 2005, les radiations ne s’appuyaient pas sur une définition précise de l’offre cible. Un chômeur ne pourra donc plus refuser plus de deux offres répondant aux critères suivants en fonction de la durée de recherche :
3 premiers mois de recherche : tout emploi rémunéré à hauteur de son salaire antérieur ;
entre 3 et 6 mois : baisse de salaire de 5 % au maximum ;
entre 6 et 3 mois : baisse de salaire de 15 % et un trajet maximal de 30 km ou 1h de transports en commun ;
après un an : salaire à hauteur de l’allocation chômage soit un peu moins de 60% de leur salaire brut antérieur (sans être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et le domaine d’activité du demandeur ) .
Le refus de deux offres raisonnables d’emploi aurait pour conséquence une radiation temporaire durant deux mois avec le cas échéant la suspension de l’allocation perçue.
Texte de loi : http://www.legifrance.gouv.fr
Dossier Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/
Loi adoptée le mercredi 23 juillet 2008.
Contexte et chiffres
un problème de quel ampleur ? : Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, admettait une « fourchette concernée aux alentours de 5% » [source France inter], alors qu’une étude de la DARES (organe chargé des statistiques au sein du propre ministère de Laurent Wauquiez) révèle que « seules 2% des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé ». Les trois quarts des demandeurs d’emploi accepteraient un poste de qualification moindre et la moitié serait prête à déménager [source rapport Ministère de l’emploi juin 2008]. Enfin, le volume d’emplois vacants est très faible en France. D’après une étude de l’Unedic reprenant un constat établi par l’OCDE sur la base des enquêtes périodiquement réalisées par le ministère du travail, la France se situe parmi les pays où le taux d’emplois non pourvus (0,6%) représente une proportion très faible (moins de 7%) du nombre de chômeurs.
des chômeurs de moins en moins pris en charge... : en novembre 2006, seul 47,5% des chômeurs inscrits touchent des indemnités (ils étaient 54 % en novembre 2003), en moyenne 80 % du SMIC. Aujourd’hui, parmi les demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE, plus du tiers travaillent chaque mois ; cette proportion était de 5% en 1992 [source : “Quand les demandeurs d’emploi travaillent”, Premières informations et premières synthèses, DARES]
et de plus en plus cachés : L’INSEE ne publie plus depuis 2007 ses enquêtes emplois, moins optimiste sur le chômage, et Eurostats l’estime en France supérieur de 0.5 % environ aux chiffres officiels (7.5% en 2007). Nicolas Sarkozy parle de 1.900.000 demandeur d’emplois mais se limite volontairement à la catégorie 1. Ce sont en fait 3,5 millions toutes confondues, sans parler des RMIST non inscrits, des seniors de +55, et des personnes en formation professionnelle...
Les comptes des ASSEDIC (organisme financé par les salariés pour les chômeurs), était excédentaire de 3.5 milliards en 2007 et sans doute de 4,6 milliards d’euros en 2008 (après 15 milliards de perte cumulée depuis 2202).
l’ANPE : plus de 3,7 millions d’offres d’emploi déposées par les entreprises en 2007, un stock moyen d’offres d’environ 300 000. L’ANPE ne représente que 20 à 25 % de l’ensemble des contrats de travail signés en France. Plus de 28 000 agents, chaque conseiller ANPE suit de 130 à 140 demandeurs d’emploi.
En savoir plus
ACDC :les Autres Chiffres Du Chômage
EMPLOI, CHÔMAGE, POPULATION ACTIVE : UN BILAN DES ÉVOLUTIONS 2005-2007
« La question financière : une préoccupation importante des actifs sans être perçue comme le principal frein au retour à l’emploi », Premières informations et Premières synthèses, n°24.1, juin 2008.
L’offre raisonnable d’emploi : les salariés moyens dans le collimateur, Observatoire des Inégalités
Étienne Debauche, Thomas Deroyon et Stéphane Jugnot, “Quand les demandeurs d’emploi travaillent”, Premières informations et premières syntheses, DARES,
L’offre raisonnable d’emploi, ’en direct de Bercy’, Jobetic
Le chômage baisse-t-il ?, Actu-chômage
Les statistiques de l’assedic
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Réformer autrement
« Il y a 500 000 offres d’emploi pas satisfaites avec 1,9 million de chômeurs, l’immense majorité des chômeurs essayent de trouver un emploi, mais certains ne veulent pas se mettre au travail, c’est une minorité qui choque », avait ainsi déclaré le Président de la république
Le mythe du chômeur feignant : au delà du chiffre fantaisiste des 500.000 offres d’emplois vacantes du gouvernement, l’impact de cette mesure sur le chômage devrait être réel. Ce dispositif aura très probablement pour effet de rendre encore plus difficile l’intégration des moins qualifiés, évincés par ces catégories intermédiaires qui viendront occuper ces emplois. Une partie (notamment des femmes) se retirera du marché du travail comme cela a été le cas au Royaume-Uni. C’est une façon de régler la question du chômage « par le bas », en diminuant les revenus et en augmentant la pauvreté.
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