Donnons encore plus de pouvoir aux Carrefours et Leclercs, et prions que les prix baissent !
Des prix plus chers en France... : En France, les prix de l’alimentaire sont en moyenne 7 % plus élevés que dans le reste de l’Europe (moins vrai en parité de pouvoir d’achat (PPA). Et cela ne s’arrange pas car depuis 1996, le prix de l’alimentaire augmente plus vite que l’inflation, et plus que dans le reste de l’Europe [Source : documentation française]. Ce problème est plus crucial pour le bas de l’échelle sociale (la part de l’alimentaire dans le budget est de 18 % pour un ouvrier contre 13 % pour un cadre).
... et un manque de vraie concurrence : plusieurs études montrent un manque de concurrence (Nielsen, UFC-Que Choisir) : sur près de 50% du territoire, une des grandes enseignes (Carrefour, Leclerc, Casino) a un monopole de fait. De ce fait, il peut y avoir jusqu’à 20% d’écart sur le panier moyen, entre deux du même groupe lorsque l’un fait face à des concurrents et l’autre non.
Et le montant de ce panier devient encore moins élevé si les harddiscounters sont présents (harddiscounters : 20% du chiffre d’affaire de la distribution en France, 10% moins cher en moyenne) [source : Que choisir - sept 2007]
La France déjà championne des : 1 300 en France, et plus de 8 000 supermarchés, record au monde par habitant. Les hypermarchés représentent 34,4% des achats alimentaires et 12,2% pour le non-alimentaire, pactole que se partage 7 acteurs :
+ Carrefour (qui possède aussi Champion, Ed, Shopi)
+ Casino (Géant, Leader Price, Franprix et 50% de Monoprix)
+ Leclerc
+ Intermarché (Netto)
+ Auchan (Atac)
+ Cora (Match)
+ Super U
Les lois s’empilent sans résultat : les lois Dutreil et Chatel (adoptée il y a six mois seulement) sont déjà venues assouplir la loi Galland. Et le prix du chariot de la ménagère n’a pas baissé : entre 2004 et 2007 : + 11,5% (2 fois l’inflation) [source : Nouvelobs.com]. Et entre avril 2007 et mars 2008, + 5,6% pour le seul alimentaire.
un risque pour les producteurs et petits commerces : pour le collectif ConsoFrance, qui rassemble neuf organisations nationales de consommateurs, toutes les dispositions de la loi LME « contribuent à dégrader la qualité des produits et leur sécurité. Il y aura un impact négatif sur le statut et les conditions de travail des salariés ». Et en dehors des multinationales comme Nestlé, Coca-Cola, Unilever, ou Danone, les producteurs auront bien du mal à négocier avec les acteurs incontournables de la distribution.
Et rien ne protégera plus les petits commerces.