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Economie
Gouvernance
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Décret encadrant les pratiques des dirigeants de certaines entreprises
Un décret pour rien, pur objet de com pour temps de crise. Un sujet pourtant brulant, autant moralement qu’économiquement, méritant mieux que le laisser faire actuel.
| Verbatim
« Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, d’actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat ou qui met en oeuvre un plan social d’ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel »
Nicolas Sarkozy
« Le Medef a une autorité morale, mais pas plus que ça. »
Laurence Parisot
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Résumé de la mesure
Contexte et chiffres
Un encadrement plus que minimum : rien n’interdit de lever les options déjà acquises. De plus, les bonus, retraites chapeau, parachutes dorés, primes de bienvenue... restent autorisés. Le ministre de l’Economie et le Fonds Stratégique d’Investissement devront veiller « à ce que les entreprises publiques [cotées] respectent des règles et principes de gouvernance d’un haut niveau d’exigence éthique »... (sic).
Les indemnités de départ ne devront pas excéder deux années de salaire : un record en Europe, et presque le double de ce que touchent les grands patrons américains.
Des salaires patronaux qui explosent... : les grands patrons français sont déjà parmi les mieux payés d’Europe :
Rémunération annuelle moyenne des PDG des 300 plus grosses entreprises (source ECGI - en euros, brut avant impôts )
| Pays |
Salaire moyen |
Dont fixe |
Dont variable |
| France |
1 849 899 |
51,77 % |
47,12 % |
| Royaume-Uni |
1 546 408 |
56,23 % |
31,59 % |
| Pays-Bas |
1 374 705 |
48,63 % |
40,81 % |
| Allemagne |
1 182 435 |
42,47 % |
47,06 % |
| Italie |
1 049 994 |
52,97 % |
37,68 % |
| Suède |
982 943 |
64,56 % |
33,43 % |
- salaire moyen des patrons du CAC 40 : 2,07 millions d’euros (2002), en progression annuelle de 15 %, alors que les pertes cumulées des entreprises du CAC 40 ont dépassé les 20 milliards d’euros et le CAC 40 a reculé de près de 34 % sur cette période.
- Le salaire moyen des 50 premiers patrons français en 2007 : 383.000 euros par mois (310 fois le Smic), a augmenté de 25% en 2006 et encore de 20% en 2007 [source : Capital]
- Globalement, les dirigeants de sociétés anonymes ont perçu un salaire annuel de 79 200 euros en 2006. Par rapport à 1998, celui-ci a augmenté de 27,5 % après inflation. Et cette hausse ne prend pas en compte d’autres éléments de rémunération (primes, intéressement, participation, etc.) ou certaines aides en nature (du portable à la voiture de fonction). ATTENTION, ces données constituent des moyennes. Elles cachent d’énormes inégalités entre les patrons, selon les secteurs et la taille de l’entreprise. Les salaires des dirigeants de sociétés de plus de 250 salariés sont cinq fois plus élevés que ceux des entreprises de moins de 10 salariés.
... et des salariés qui décrochent : La moitié des salariés français touche un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels. La part des richesses versées aux salariés a diminué de 9% depuis 20 ans (presque 100 milliards d’euros de moins), et les inégalités de salaire augmentent : plus on est riche, plus les revenus augmentent en pourcentage !
Source : Etude de Camille Landais, chercheur à l’école d’Economie de Paris (2007).
Et le MEDEF ? : il met en avant son « Code de Gouvernement d’entreprise des sociétés cotées », qui se base entre autre sur le rapport de Daniel BOUTON de 2002, le toujours PDG de la Société Générale qui a voulu s’octroyer des stock-options un an après l’affaire Kerviel ! Le rapport recommande une plus grande indépendance des conseils d’administration, mais aussi une politique de rémunération plus humble, « raisonnable » et « appropriée », tout ceci sans sanction, simplement sur la bonne volonté présumée.
Quelques exemples :
| VALEO
Thierry Morin
prime de départ de 3,2 millions d’euros
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perte de 207 millions d’euros en 2008
1 600 suppressions d’emplois envisagées
l’Etat a injecté 19 millions d’euros dans l’entreprise (via le FSI) tout en prenant 8% du capital... |
| SANOFI
Chris Viehbacher, en 2008
1,2 millions d’euros de salaire fixe
2,4 millions d’euros de part variable
2,2 millions d’euros de « Golden Hello » (chèque « d’accueil »)
2,4 millions d’euros de « Golden Parachute »
Dix années de salaire de « retraite chapeau » (un fonds spécial qui dope la retraite de certains patrons)
65 000 actions gratuites Sanofi (valeur environ 3,1 millions d’euros)
200 000 stock-options
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l’action SANOFI a perdue 25% de son cours en 2008
927 suppressions de postes en 2008 |
| NATIXIS
70 à 90 millions d’euros pour 3 000 collaborateurs
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perte de 2,8 milliards d’euros en 2008
plan social touchant au minimum 1 250 personnes
1,9 milliard d’euros de l’Etat dans le cadre du plan de soutien aux banques |
| CHEUVREUX, filiale du Crédit Agricole
51 millions d’euros de bonus pour les dirigeants
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janvier 2009 : chiffre d’affaires en baisse de 40 %, perte de 5 millions d’euros sur un seul mois
suppression de 75 emplois
le groupe CA a reçu 3 milliards d’euros de l’Etat sous forme de fonds propres |
| SOCIETE GENERALE
Daniel Bouton, président : salaire : 350 000 euros.
Valeur estimée des stock options : 7,7 millions d’euros. Ce montant peut évoluer de 0 à quelques dizaines de millions d’euros d’ici 2012
En 2007, salaire fixe de 1,25 million d’euros, 2 millions d’euros de bonus, près de 48 700 euros en jetons de présence, soit une rémunération totale de 3,3 millions d’euros.
Frédéric Oudéa, DG : salaire fixe : 612 700 euros
En mars, deux mois avant d’être nommé directeur général, Frédéric Oudéa a bénéficié de stock-options valorisées alors à 522 000 euros. Indemnités de départ : salaire pendant un an
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7 milliards d’euros de perte pour 2007 (5 milliards de perte pour l’affaire Kerviel) |
| BNP PARIBAS
Michel Pébereau, Président : salaire 731 400 euros en 2008, contre 1,6 millions l’année précédente
29 700 euros en jetons de présence. L’an dernier, Michel Pébereau a reçu des stock-options valorisées au total à 836 450 euros, davantage qu’en 2007.
Baudouin Prot, Directeur général : salaire en 2008 : 1,07 million d’euros, contre 3,3 millions en 2007.
Les stock-options accordées à Baudouin Prot en 2008 étaient valorisées à plus de 2,8 millions d’euros, un montant supérieur à celui octroyé en 2007. Plus 1,13 million d’euros de ses stock-options reçues en 1998.
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Au quatrième trimestre 2008, perte de 1,4 milliard
bénéfice 2008 : 3 milliards d’euros contre 7,8 milliards d’euros en 2007, soit une chute de plus de 60% |
| RENAULT
Carlos Ghosn, PDG : salaire fixe : 1,2 million d’euros
+ jetons de présence (28 000 euros)
il a pu toucher 2,5 millions d’euros en utilisant des options acquises en 2002 et 2003.
| Le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 37 791 millions d’euros, en baisse de 7,0 % par rapport à 2007, et de 28,7 % au dernier trimestre 2008. |
Jean-Philippe Thierry (AGF Allianz) : 23,2 millions d’euros, soit 1,9 million d’euros par mois,
Pierre Verluca (Vallourec) : +32% en 2007 à 12,4 millions d’euros, « alors que le profit de sa société augmentait d’à peine 8% »,
Gérard Mestrallet (Suez) : 12,2 millions d’euros,
Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain) : 0,2 millions d’euros,
Xavier Huillard : 10 millions d’euros.
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Réformer autrement
Il serait possible d’aller bien plus loin dans l’encadrement des rémunérations des grands patrons :
« surimposition de solidarité » sur les hauts revenus (par exemple à partir de 380.000 euros)
interdiction des stock-options
plafond et taxation des parachutes dorés
Vos commentaires
- Décret encadrant les pratiques des dirigeants de certaines entreprises - par jimmie
Cet article va m’être très utile ^^
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