Une mesure très chère pour un secteur à l’époque en pleine croissance... et qui oublie les plus défavorisés.
Déduction (ou remboursement) des intérêts d’emprunt finançant l’achat ou la construction de sa résidence principale à usage d’habitation qui ont été signés avant le 6 mai 2007 :
déduction des impôts de 40% des intérêts les 12 premiers mois, puis 20% les 4 années suivantes,
plafond de 3 750 € pour une personne seule ou 7 500 € pour un couple (plafond doublé en faveur des personnes handicapées ou + 500 € / enfants à charge).
un vrai problème : seuls 56% des ménages sont propriétaires de leur logement en France contre plus de 70% en moyenne dans l’Union européenne. Les prix immobiliers ont augmenté entre 75 et 130 % depuis 10 ans suivant les régions.
mais une loi inutilement chère : d’un coût estimé à 3,7 milliards d’euros, cette mesure n’est pas plafonnée question revenu (or ce sont les plus riches qui achètent les biens les plus chers, donc qui déduisent le plus) ni réservée aux primo accédants (60% des acheteurs). Ce qui veut dire que dans 40% des cas, l’état finance un changement de domicile, voir l’achat d’un deuxième ou troisième bien. De plus, le crédit d’impôt est maximisé pour un emprunt de 230.000 euros à 4,5 % sur vingt ans, montant supérieur à la moyenne des achats (205 000 €).
avec un risque d’inflation : dans l’habitat ancien (80% des transactions), le risque est une hausse de prix en « solvabilisant » artificiellement la demande sur un marché où l’offre et assez rigide (on n’augmente pas facilement le nombre de logements, surtout en ville), sans que cela profite à l’activité économique (à l’inverse du neuf).
en oubliant les plus défavorisés : la plupart des foyers défavorisés n’ont pas accès au crédit, notamment les jeunes. Ils ne sont pas concernés par cette loi. Ils sont les grands perdants de la nouvelle politique du logement destinée aux propriétaires. Le revenu moyen des acheteurs est de 44 000 € (source OFL ), alors que 50% des foyers français ont moins de 27 000 € / an (source INSEE) .
Coût moyen des acquisitions : 205 000 €, avec un endettement sur 20 ans. Seuls 17% des acquisitions sont réalisées par des foyers gagnant moins de 2 SMIC (31% pour les 4 SMIC et +). 71% des foyers ont un taux d’effort de remboursement > à 25 %.